
Revue
ACROPOLIS
N°204
Mai / Juin 2008
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Editorial
de
la
revue
N°204
Spiritualité et dignité de l'homme
Au moment où la France s’interroge sur le rôle et la place du spirituel dans la société, il est toujours
utile de se poser la question sur les origines des spiritualités qui ont accompagné et inspiré l’histoire
du pays. C’est le cas du christianisme.
Les origines du christianisme furent riches de beaucoup d’idées et son dogme, tel que nous le connaissons
aujourd’hui, ne fut érigé qu’au fil de nombreux conciles. Au départ, il s’inscrivit dans une mouvance
très large, se référant à de nombreuses sources, dont certaines seulement furent retenues pour le
canon chrétien.
Revenir à ces sources permet à la fois de reprendre contact avec la vitalité des origines du christianisme,
mais aussi de remettre à leur place les éléments récemment exploités par des romans à succès tirés
par les cheveux.
De toute évidence, nous devons faire la distinction entre le concept de la religion sociale et son message
spirituel car, souvent, nous confondons églises et spiritualité. Le philosophe allemand, Rudolf Otto,
avait déjà clarifié au siècle dernier qu’il existe une convergence des grandes religions autour d’éléments
centraux identiques, qui constituent le sacré. Défini comme le besoin du «Tout Autre», le sacré est unélément de la structure de la conscience humaine, comme l’ont démontré les anthropologues de l’imaginaire,
et non pas un moment de l’histoire comme le croyaient les successeurs d’Auguste Comte. C’est
parce que nous possédons en nous-mêmes cette dimension que nous sommes capables de perceptions
métaphysiques.
Ceci n’est pas sans rapport avec ce qui s’est produit il y a quarante ans. Dans l’année 1968, toute la planète
fut parcourue d’un élan de liberté, de remises en question des conformismes et d’un besoin de
rénovation des formes d’expression de la vie sociale et individuelle. Une sorte de souffle dionysiaque
enflamma la jeunesse du monde : il n’y eut pas seulement mai 68 en France mais aussi le printemps
de Prague, les révoltes des Tlatelolco au Mexique, les protestations à Berlin, au États-Unis et au Japon.
Ce ne fut pas une révolution, mais l’expression mal canalisée d’un besoin du Tout Autre, mal traduità l’époque par des formes politiques réductrices.
Aujourd’hui, nous avons tous besoin de rénovation et de rêve, mais l’expérience nous a rendu frileux
face aux idéologies. Alors comment être sûr de ressentir le bon idéal ? La réponse est simple : au-delà de ses énoncés et des formes apparentes, nous devons nous interroger sur la capacité de cet idéalà défendre et à promouvoir, à travers sa mise en action, la dignité de l’homme
Fernand Schwarz
Président de la Fédération Française Des Nouvelle Acropole
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Article
parut
dans
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revue
Acropolis
édité
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